Superficie : 475 ha

Nombre d’habitants : 360 habitants (2012)

Situé au pied des Côtes de Meuse, Bonzée termine la succession des villages de la Vallée du Longeau. Son nom signifie « débouché des eaux » : l’histoire de Bonzée est liée à l’existence de cette petite rivière, le Longeau.Depuis 1976, la Commune de Bonzée est composée du regroupement de trois villages : Mesnil-sous-les-Côtes, Mont-Villers (lui-même composé du regroupement de Mont-sous-les-Côtes et de Villers-sous-Bonchamps depuis 1955) et Bonzée.
Bonzée est un village-rue à la physionomie particulière : deux rues, la rue chaude (exposée au sud) et la rue froide (exposée au nord), séparées par le Longeau.

Un point d’histoire particulier – Une légende – Une anecdote

Bonzée est établi sur un site d’occupation gallo-romaine. On trouve encore quelques traces de ce passé romain autour du village, comme les anciennes voies romaines reliant Bonzée à Manheulles et Haudiomont à Scarpone.
Bonzée était un village notable où les évêques de Verdun construisirent une importante forteresse vers 950 constituant la principale défense du Chapitre de la Cathédrale de Verdun ; ses murailles mesuraient plus de 4 mètres de large, sa grosse tour fut rasée en 1636 lors des invasions suédoises. Il n’en reste que quelques vestiges, fossé notamment.
Jusqu’en 1789, Bonzée était un des villages les plus importants du canton. Avant 1914, deux moulins fonctionnaient dans la localité, l’un pour l’huile et l’autre pour la filature artisanale. Il s’y trouvait aussi une fabrique de coiffes lorraines nommées la hâlette, une tannerie, deux forgerons et une menuiserie – scierie. La 1ère Guerre Mondiale a entièrement détruit le village et ravagé les vignobles. La reconstruction s’amorçât dans les années 1920. Très peu de gens du pays revinrent.

Au centre du village se trouve un pittoresque lavoir édifié en 1850 autrefois doté de plates-formes à caillebotis relevables selon le niveau de l’eau facilitant ainsi le travail des lavandières. Une dame du village venait y laver son linge jusque dans les années 1970.
On raconte que Bonzée a vu naître le peintre Waeriot, ainsi qu’Angélique de la Girouzière, l’une des Vierges de Verdun.

La vie actuelle du village : économique, culturelle…

Une statue de Notre-Dame de Génaviot (édifiée en 1938) située au lieu-dit Génaviot aux confins des 3 paroisses fait l’objet d’un pèlerinage chaque dernier dimanche de juillet. La statue est entourée de saules têtards typiques de la région et ainsi qualifiés en raison de la taille qui leur est appliquée.

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La Commune de Bonzée consacre une part importante de ses projets à son cadre de vie, à la valorisation de son patrimoine et à la protection de la nature. Elle accueille notamment :

  • le Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement (CPIE) qui a pour missions premières d’intégrer l’environnement dans le développement local et d’éduquer le citoyen à l’environnement ;
  • la base nautique et de loisirs du Colvert est ouverte à la baignade et permet de pratiquer en saison certaines activités nautiques. Elle est également constituée de trois terrains de camping, d’équipements sportifs et d’un espace de  restauration.

A Bonzée se pratiquent nombreuses activités équestres avec la ferme équestre du Longeau et l’assocation Trait-Meuse qui proposent des promenades et randonnées, de l’attelage avec chevaux, poneys et ânes.

Origine

  • Toponymie : des anthroponymes latin Bonisins et du germanique Waldo
  • Patois : Bonzaïe
  • Habitants : les Bonzéens

Patron 

  • Saint Laurent: 10 août

Évolution démographique

1803 :    354 habitants
1851 :    423 habitants
1901 :    212 habitants
1999 :    350 (regroupement de villages)

Mesnil-sous-les-Côtes

Ce village est bâti au pied des Côtes de Meuse, au débouché de la vallée entaillé par le Longeau.
Jusqu’au 17e S, le ban de Bonzée était constitué de 4 villages : Bonzée, Mont, Mesnil et Floncourt. Ce dernier fut détruit lors de la guerre de Trente Ans et jamais reconstruit. A la sortie du village de Mesnil, proche du cimetière, une tombe et quelques ossements sont les seules traces visibles du village de Floncourt. Les habitants de Mesnil eurent beaucoup à souffrir lors de l’invasion suédoise. Ils s’enfuirent à Murauvaux avec leurs bestiaux, puis à Sommedieue.

Au lieu-dit « Côte de Mesnil » se développe une pelouse calcaire. Cette pelouse correspond à un ancien pâquis communal. Elle est située au-dessus du niveau des sources, ce qui entraînait une contrainte non négligeable pour les éleveurs qui devaient faire descendre les bêtes au village tous les jours, afin de les faire boire. Il est d’ailleurs possible que cette situation explique la présence du seul abreuvoir – lavoir des trois villages à Mesnil. Une telle contrainte est à l’origine de l’abandon de la pâture, au profit de prairies situées au-dessous du niveau des sources, moins contraignantes.

Le village de Mesnil possède encore un jeu de quilles avec sa rampe ramenant les boules vers le lanceur. Sa présence sur la place centrale du village témoigne de l’importance de la vie collective des habitants, au même titre que les lavoirs.
Le lavoir de Mesnil est situé au centre du village ; il comporte deux bassins entourés de bancs à l’intérieur et une fontaine à l’extérieur.

L’église de Mesnil, construite en 1608 puis rebâtie en 1858, fut quasiment rasée durant la 1ère guerre Mondiale ; la cloche est d’origine : fondue en 1789, elle a réchappé de la Révolution et de la Grande Guerre et constitue l’objet le plus ancien de l’église.

Industrie d‘autrefois : moulin, tournerie, vignoble

Origine :

  • Mesnil : habitation
  • Patois : Li Mânin

Démographie :

  • 1803 : 269 habitants
  • 1851 : 339 habitants
  • 1901 : 265 habitants

Patron :

  • Saint Brice : 13 novembre
  • Fête patronale : 1er novembre

Mont-sur-les-Côtes

Comme son nom l’indique, Mont est situé sur le flanc d’une forte éminence ou montagne, formant le contrefort des Côtes de meuse. Le village n’avait pas d’église et les habitants se rendaient à Floncourt, petit village situé au-dessus de Mont qui fut détruit par les Suédois en 1635.

En 1955, Mont sous les Côtes et Villers sous Bonchamps ont été regroupés pour former la commune de Mont-Villers.

L’église de Mont, construite en 1769, est l’une des plus vastes des environs ; elle avait été bâtie sur de telles proportions pour réunir les paroissiens de Mont, Bonzée, Villers sous Bonchamp et Murauvaux. Endommagée en 1916 lors de la bataille des Eparges, elle est rétablie dans les années 1920. Une niche au-dessus du porche abrite une sculpture de la vision de Saint Hubert datant du 16e S. Cet ensemble figure le Saint à cheval, un cerf et un personnage tenant un chien en laisse et portant une masse. Parmi les nombreux miracles réalisés par Saint Hubert, la guérison d’un homme atteint de la rage marque le plus les esprits. Patron des chasseurs, des forestiers et des chiens de chasse, il est invoqué comme protecteur de cette maladie.

Durant la Grande Guerre, de nombreux cimetières ont été créés sur le front. Seuls dix ont été maintenus et agrandis, dont celui de Montvillers aujourd’hui classé Nécropole nationale, afin d’enterrer décemment les dépouilles des soldats inhumés à la sauvette durant les hostilités.

Jusqu’au 19e S, les femmes lavaient leur linge à la rivière ou dans des fosses aménagées aux abords des sources. Le lavoir de Montvillers a été reconstruit après la guerre sur le modèle du précédent construit au 19e S, période où ils se sont généralisés. Son principal attrait vient du fait qu’il est le seul élément bâti de la commune à avoir conservé un toit de tuiles – canal, typique de la Woëvre. Ces tuiles étaient en effet fabriquées avec les argiles de la plaine qui sont aujourd’hui systématiquement remplacées par des tuiles mécaniques. Les tuiles – canal, moulées sur la cuisse, ne sont en effet plus du tout fabriquées en Meuse.

Origine :

  • Mons : montagne
  • Patois : Mont

Population :

  • 1803 : 204 habitants
  • 1851 : 316 habitants
  • 1901 : 187 habitants

Patron :

  • Saint martin : 11 novembre


Bonzée d’hier et d’aujourd’hui

On ne peut pas présenter Bonzée sans évoquer Mesnil, Mont sous les Côtes et Villers sous Bonchamp. En 1965, ces deux villages se regroupent et forment la commune de Mont-Villers. En 1977, Bonzée en Woëvre, Mesnil et Mont-Villers fusionnent.

Un peu d’histoire

La découverte de vestiges prouve que BONZEE est établi sur un site gallo-romain. Avant 971, ce village est mentionné sous l’appellation BUNSENA puis dans la charte de VILEFRID évêque de Verdun, sous celle de BONZEIUM. Dans l’acte de confirmation donné par l’empereur OTHON II, on note BOTZEIUM. Vers 950, existe la principale forteresse du Chapitre de la cathédrale de Verdun.

Les fortifications comprennent deux fossés, un rempart, une grosse tour. A plusieurs reprises, la forteresse subit des attaques ; la grosse tour est détruite en 1636.

Vers 1670, on trouve une ferme fortifiée, rasée en 1915. Sur ces lieux, est installé un centre équestre.

Le nom de MONT vient de mons : montagne. Des archives confirment l’existence d’un village appelé FLONCOURT et appartenant au ban de BONZEE. Son église était commune avec Mont. Durant la guerre de Trente Ans, FLONCOURT est détruit et n’a jamais été reconstruit. Une pierre tombale souligne son souvenir.

A l’ouest de VILLERS, se trouvaient un village antique portant le nom de BONCHAMP et, à 1200 mètres environ, la localité de MURAUVAUX, assez importante au MOYEN AGE.

Sur le territoire de MESNIL, un monticule porte le nom de mont FAUNA. Entre Mesnil et les Eparges, on a découvert les traces d’un ancien village : MOYEMONT.

Des archives évoquent l’existence de BUTGNEMONT dont l’emplacement a été partagé entre les habitants de Mesnil.  Moyemont et Butgnémont seront détruits avant le XVème siècle.

 

Les églises et Génaviot

                L’église Saint Laurent de Bonzée

A la fin du XVIIIème  siècle, une église est édifiée. Détruite durant la première guerre mondiale, elle est reconstruite de 1927 à 1930. On y trouve une sculpture représentant le Christ entouré de Marie Madeleine, Saint Jean et Marie. Elle date du milieu du XVIième  siècle et serait attribuée à Ligier Richier. Elle a été offerte par l’abbé GAROT, originaire de Bonzée.

                L’église Saint Martin de Mont

Son origine date du XVIIIième siècle. Après d’énormes dégâts durant la guerre 14-18, l’église est restaurée dans les années 20.

Au-dessus du porche, dans une niche, est logée une sculpture évoquant St Hubert à cheval. Il est accompagné d’un cerf et d’un homme tenant un chien en laisse. St Hubert est le patron des chasseurs. Dans le mur arrière de l’église, trois pierres tombales sont fixées. Une seule porte des inscriptions lisibles : elles évoquent Laurent Servande, décédé le 15 juillet 1781.

                L’église Saint Brice de Mesnil

Au XVIème  siècle, s’élève une église qui se trouve à un kilomètre du village, au pied du mont Fauna. Elle porte le nom de Saint Brice. Au centre du village, est édifiée une autre église «  La Haye ».

Après leur démolition, à la Révolution, une seule est reconstruite à l’emplacement actuel. Détruite durant la première guerre mondiale, elle est rebâtie en 1924-1925. Une cloche a résisté à la Révolution.

                Génaviot

Aux confins des trois paroisses, en 1932, est érigée la statue « Notre Dame de Génaviot ». Le dernier dimanche de juillet, un pèlerinage regroupe des fidèles.

 

Les guerres

Durant la première guerre mondiale, les villages sont en partie détruits, leur reconstruction se fait dans les années 1920. Une nécropole nationale est aménagée à Mont en 1922.

De la seconde guerre mondiale, des figures charismatiques restent dans la mémoire des anciens : Jean Bernier de Bonzée, déporté à Dachau, libéré en avril 45 mais décédé deux mois plus tard puis Maurice Bertin de Mont. Très engagé envers les maquisards installés dans un camp de la forêt de Calonne, il est un agent de liaison efficace.

N’oublions pas le sort tragique de la petite Huguette Charles de Mesnil, victime en 1944 de la terrible méprise survenue lors de la libération de Fresnes.

 

Jean Lacroix

Elu maire de Bonzée en 1965, il exercera cette fonction durant 24 ans et se consacrera totalement à son village et à son canton : création d’une association familiale, du CODSICOM (comité de développement et syndicat d’initiative des Côtes de Meuse), accueil de chantiers internationaux et d’objecteurs de conscience, fondateur du CPIE, du plan d’eau, participation à la mise en place du foyer rural de Bonzée, du foyer logement d’Hannonville, du centre d’aide par le travail à Mont.

Décédé le 4 janvier 2008, « le Jean », comme nous l’appelions avec respect et admiration, a été et restera une figure emblématique, un pionnier exemplaire, un humaniste combatif.

Le foyer rural

Dans les années 1950, sous l’impulsion de l’Abbé Deville et des habitants de Bonzée, la construction d’un foyer rural est envisagée. S’enchaînent l’acquisition d’un terrain, la recherche d’emprunts, la mobilisation de bénévoles qui, durant trois ans, œuvrent pour la construction d’un local.

Le premier président sera Henri Husson. Actuellement, Marie Bonhert assume cette responsabilité. Elle est également chef de chœur d’une chorale connue et reconnue. Des animations diverses sont organisées : repas, fêtes, concours de belote, séances de qi gong.

La base de loisirs du Colvert

Dans les années 1970, la construction de l’autoroute nécessite d’énormes quantités de grave.

Les gravières de Bonzée peuvent en fournir et Jean Lacroix estime que cette extraction permettrait  la création d’un plan d’eau. Avec une constante persévérance, il négocie avec les propriétaires et les locataires de pâquis qui acceptent de les vendre ou de les échanger. Il engage des transactions : pour l’obtention des 450 000 m3  de grave, les entreprises aménagent le plan d’eau. Après de multiples démarches et des travaux d’aménagement auxquels participent de nombreux bénévoles, le plan d’eau, la plage et les deux campings accueillent les premiers visiteurs.

Et maintenant ?

Avec son cadre reposant, ses animations très variées, son encadrement de qualité, le soutien de la mairie, du CPIE et de bénévoles, avec son restaurant «  les pieds dans le lac », la base de loisirs continue son essor. En 2015 et 2016, elle est un des lieux de la manifestation « Le printemps du Grand Meaulnes ».

CPIE : centre permanent d’initiatives pour l’environnement

Défenseur du Parc Régional de Lorraine, Jean Lacroix, en 1975 part à Paris pour proposer la création d’un centre à Bonzée.

L’agrément est donné et la commission interministérielle des CPIE labellise le Foyer rural « CPIE de Bonzée ». Se succèdent la recherche d’aides financières, l’achat de l’ancienne ferme d’Arsène Petit, sa transformation, l’arrivée d’animateurs et des premières classes. En 1996, le label est transféré à l’association « ARSEN » et en 2013, le CPIE Woëvre-Côtes de Meuse devient le CPIE de Meuse. La maison de l’Arsène reçoit des publics variés. Ils peuvent bénéficier de lieux de réunions, d’activités liées à la découverte de l’environnement, de la forêt, des milieux aquatiques, d’un hébergement de trente-cinq places. En 2015, le CPIE a pris en charge la gestion de la base de loisirs du Col Vert et cette année, il fêtera ses quarante années. Avec ses 14 salariés permanents, il poursuit son action dans le domaine du développement durable. Il est présidé par Jean-Louis Dumont.

Les jardins de Villers

En 1986, sous l’impulsion de Louis Mourot et avec l’appui des communes de Bonzée, de Fresnes et d’élus du canton, la mise en place d’un centre d’aide par le travail (CAT) est étudiée. Deux ans plus tard, les Jardins de Villers sont créés. Actuellement, la nouvelle appellation du CAT est devenue ESAT (Etablissement et Service d’Aide par le Travail). Cinquante ouvriers, encadrés par sept moniteurs, bénéficient de conditions de travail aménagées : quarante-quatre se consacrent à l’horticulture, ,au maraîchage,  au conditionnement et six à l’entretien des espaces verts. Vingt logent à Fresnes au pôle hébergement de l’ADAPEI de la Meuse (ancienne maison de Widranges).

Démographie

Avant 1914, Bonzée possède sept barrages et deux moulins : « le moulin Haut » à oléagineux et farines, « le moulin aux Champs » utilisé pour le fonctionnement d’une filature et d’une scierie. La fabrique de coiffes lorraines porte le nom de la « halette ». Dans les années 1920, on compte 166 habitants à Bonzée, 110 à Mont, 35 à Villers sous Bonchamp, 148 à Mesnil. A Bonzée, on dénombre deux aubergistes, un charron, un tonnelier, quatorze agriculteurs, deux épiciers. A Mont, on recense trois couturières, une épicière, un serrurier-forgeron, trois viticulteurs, quatorze agriculteurs. A Villers sous Bonchamp, on trouve dix agriculteurs et à Mesnil, une sage-femme, deux aubergistes, un cordonnier, un maréchal-ferrant et neuf agriculteurs.

Actuellement, le total des habitants des quatre villages s’élève à 360 ; celui des agriculteurs est de quatre à Bonzée et de un à Mesnil. Dans ce village, sont installés un restaurant  et la société « Agri Woëvre » qui offre une prestation de services agricoles. A Bonzée, sont installés deux kinés, un plâtrier, un garagiste, un débardeur à cheval, un métreur. On note également la présence de plusieurs artistes : tourneur sur bois, créatrice de bijoux, peintres. Gites et chambres d’hôtes sont disponibles.

A Mont-Villers, les vergers d’Arifontaine  produisent des fruits de grande qualité, vendus directement sur l’exploitation.

Après Jean Brizion, Bernard Simon, Joël Grandjean, Dominique Moussa est maire depuis mars 2014.

Bonzée bénéficie d’une excellente renommée.

Ses réalisations, ses animations, la gestion du patrimoine en ont fait un lieu exceptionnel de découverte, une communauté riche de projets.

« Le Jean », admirable précurseur, ne s’était pas trompé !

Jeannine Preud’homme

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